L'avenir de Sea France se joue avec la vente des bateaux appartenant à Eurotunnel

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Guillaume
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L'avenir de Sea France se joue avec la vente des bateaux appartenant à Eurotunnel

Messagepar Guillaume » Ven 24 Avr 2015 12:34

eaFrance traverse une tempête qui pourrait lui être fatale. L'entreprise qui exploite les trois bateaux de My Ferry Link appartenant à Eurotunnel, vient d'être placée sous la protection du tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer à cause d'une guerre des chefs. Par ailleurs, en raison d'une décision de l'autorité de la concurrence britannique, Eurotunnel est obligé de vendre ses navires.

Les offres de reprise doivent être déposées avant ce vendredi soir minuit. Reste que Sea France, qui emploie 600 personnes et réalise 95 millions d'euros de chiffre d'affaires avec un résultat positif, n'a jamais été aussi prêt d'un naufrage. Explications.

Pour comprendre les nœuds de cette affaire, il faut remonter à 2012. A l'époque, après des années de difficultés, la première société SeaFrance (filiale de la SNCF), qui assure des liaisons entre Calais et Douvres, est liquidée. Eurotunnel choisit de racheter les bateaux pour 65 millions d'euros, se charge de la commercialisation des traversées mais confie l’exploitation des bateaux via un contrat de location à une Scop constituée par d’anciens salariés de SeaFrance. Le montage était solide, jusqu'à la décision de l'autorité de la concurrence britannique, qui a estimé que les liens entre le groupe ferroviaire et la compagnie maritime entraînait un risque monopolistique sur le trafic transmanche. Eurotunnel est donc obligé de mettre en vente ses bateaux. Selon Jacques Gounon, le pdg d'Eurotunnel, quatre offres sérieuses sont sur les rangs.

L'activité de la compagnie menacée à l'approche des vacances

Problème, le torchon brûle entre les anciens syndicalistes de SeaFrance, qui occupent des positions stratégiques au sein du conseil de surveillance de la Scop, et le directoire de l'entreprise. Avec à la clef deux visions différentes sur la stratégie et le fonctionnement de l'entreprise. D'un côté, les anciens de SeaFrance voudraient créer une société d'économie mixte (SEM) avec des collectivités locales pour reprendre les bateaux. Mais les financements vont être difficiles. A l'inverse, pour les dirigeants d’Eurotunnel, les salariés de la SCOP pourraient continuer à travailler pour le repreneur qui sera choisi.

Le climat de zizanie à l'intérieur de l'entreprise pourrait compromettre la reprise des bateaux. «Les dissensions au sein de la Scop sont de nature à effrayer les repreneurs », a reconnu le PDG d’Eurotunnel. Dans ces conditions, un repreneur va-t-il prendre le risque de s'engager avant la fin juin, date à partir de laquelle les Britanniques empêcheront les bateaux d'accoster à Douvres s'ils appartiennent encore à Eurotunnel ? Un risque sérieux plane sur l'activité de l'entreprise, surtout à l'approche des vacances.

Autre interrogation : l'avenir de la Scop. Rien n'empêche sur le papier le futur repreneur de se passer des services de la Scop, qui n'est qu'un prestataire de services regroupant la masse salariale des marins. En revanche, le nouveau propriétaire aura tout même l'obligation de reprendre les marins en cas de continuité de l'activité entre Douvres et Calais.

Source : http://www.leparisien.fr/economie/l-ave ... %3Dtwitter

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