Sarkozy confirme « Les Républicains » et accuse le PS d’être « d'abord socialiste »

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Guillaume
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Sarkozy confirme « Les Républicains » et accuse le PS d’être « d'abord socialiste »

Messagepar Guillaume » Jeu 23 Avr 2015 16:38

« Les socialistes sont d'abord socialistes et ensuite républicains. Nous, nous sommes républicains avant d’être gaullistes, libéraux et centristes », a déclaré Nicolas Sarkozy, mercredi 22 avril, lors d’un déplacement à Nice, confirmant au passage sa volonté de rebaptiser l’UMP « Les Républicains », lors du congrès de refondation du parti, le 30 mai.

La nouvelle appelation n’est pas encore officielle. En principe, le nom « Les Républicains » doit être soumis le 5 mai au bureau politique de l'UMP, avant d’être approuvé par les adhérents lors du congrès du 30 mai. Mais comme cette idée suscite déjà des critiques dans son camp, ainsi que dans la majorité, M. Sarkozy a ironisé sur l’attitude de ses adversaires : « Ce mot, République, j'ai vu que ça ne plaisait pas à la gauche. (...) Va peut-être falloir qu'ils s'habituent », a-t-il déclaré, avant de lancer : « Quand ça fait mal, ils ne devraient pas crier si fort. »

« Nicolas Sarkozy ne connaît pas Jaurès », a rétorqué le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, sur Twitter, en soulignant que « le socialisme, c'est la République jusqu'au bout »

En changeant la dénomination du parti fondé en 2002 par Jacques Chirac et Alain Juppé, l’ancien chef de l’Etat cherche notamment à faire oublier un acronyme attaché à plusieurs dossiers judiciaires, notamment celui de l’affaire Bygmalion. Mais ce choix suscite de vives critiques autant à droite qu’à gauche, pour la même raison : on reproche à M. Sarkozy de vouloir s’arroger indûment le monopole des valeurs de la République.

La majorité dénonce « une captation d’héritage » de la part de l’UMP. « La République est un bien commun. Il ne faut pas se l'approprier. Nicolas Sarkozy aurait été dans l'honnêteté et dans la réalité en appelant ce parti la Droite républicaine », a relevé Christian Paul, chef de la motion de la gauche du PS. Le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, parle même d’« abus de pouvoir ».
Juppé opposé

« Vouloir s'arroger le nom de Républicains, pour un parti, c'est étrange », a abondé François Bayrou. « Il n'y aurait de républicains que dans ce parti-là ? », s'est étonné le président du MoDem, trouvant que « ça ne définit pas un parti politique ».

Au sein de l’UMP, ce choix n’est pas non plus du goût d’Alain Juppé. En déplacement à Strasbourg, mercredi 22 avril, le principal rival de M. Sarkozy a été interrogé sur les doutes de ses soutiens au sujet du nouveau nom prévu pour l'UMP. « Je les comprends. Ca ne va pas être facile de dire : “J'appartiens aux Républicains” », a-t-il expliqué à la presse. Pour lui, la droite n’a pas à « monopoliser » ce terme car il y a des « républicains partout ». Le candidat à la primaire de 2016 a toutefois précisé qu'il ne ferait pas de ce thème un « sujet de querelle », rappelant qu’il avait fait voter les adhérents en 2004 sur plusieurs noms en leur proposant par exemple « La maison bleue » : « Nous étions créatifs à l'époque. »

M. Juppé préfère laisser ses lieutenants sonner la charge. « Les Républicains ? C’est un choix très curieux, et très contestable, a dénoncé le député juppéiste Edouard Philippe, mercredi dans Libération. A l’UMP, nous sommes des républicains, sans aucun doute. Mais je ne considère pas que nous soyons “les Républicains”. Il me semble qu’un grand nombre d’élus et d’électeurs d’autres partis le sont tout autant. » Espérant visiblement faire changer d’avis M. Sarkozy, M. Philippe a mis en garde : « Se nommer Républicains serait un vecteur de clivage. »

Gilles Boyer, conseiller du maire de Bordeaux, a résumé le débat en un message sur Twitter : « Nous sommes DES républicains. Nous ne sommes pas LES républicains. »

Dans une tribune publiée dans Le Monde (15 avril), l’historien Jean-Noël Jeanneney a lui aussi dénoncé ce choix, en soulignant que « la République appartient à tous, et ne saurait être confisquée par un seul parti ».

« Se nommer soi-même, ce n'est pas agresser les autres », a répondu Nathalie Kosicusko-Morizet, numéro 3 du parti de M. Sarkozy.

Reste que le nom choisi par le président de l’UMP suscite de vives résistances au sein même de son électorat. 57 % des sympathisants de droite et 56 % de ceux de l'UMP affirment préférer la dénomination UMP, selon un récent sondage Odoxa. Le rejet est encore plus massif dans l’ensemble de l’opinion : 66 % des Français n'apprécient guère le changement de nom de l'UMP, voulu par Nicolas Sarkozy.

Source : http://www.lemonde.fr/politique/article ... Ux31UCL.99

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